
Luna Mason, autrice indépendante de romance basée au Royaume-Uni, imprime ses livres chez Books Factory et les vend en librairie au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Fin septembre 2026, son roman « Unleashed », issu de la série « Beneath the Reign », s’est classé 148e sur la liste des best-sellers de USA Today. Sa première commande chez Books Factory comptait un peu moins de 1 000 exemplaires, expédiés à 2 adresses. La plus récente : environ 2 000 exemplaires, expédiés à 37 adresses.
Derrière cette croissance, il y a des décisions de production que tout auteur ou éditeur peut reproduire : un démarrage sans risque grâce à un exemplaire d’épreuve, l’impression d’une série en tirages plus courts avec des réimpressions régulières, des finitions premium pour les éditions collector et l’expédition d’une seule commande vers de nombreuses librairies. Nous les passons en revue avec Cyril Goy, qui accompagne Luna chez Books Factory.
L’essentiel
- Books Factory imprime la série de Luna Mason, ses réimpressions et ses éditions collector, et répartit une seule commande sur de nombreuses adresses de livraison — 37 pour la dernière.
- Books Factory a réalisé pour elle des éditions collector avec jaspage et marquage aspect métal en tirages de 75, 300 et 380 exemplaires.
- Les livres imprimés en Pologne partent directement vers des librairies dans d’autres pays, Books Factory se chargeant des formalités douanières.
- Au lieu d’un seul grand tirage, l’autrice imprime plusieurs titres de sa série en tirages plus courts et les réimprime régulièrement.
- La collaboration avec Books Factory peut commencer par un exemplaire d’épreuve gratuit et sans engagement, ainsi qu’un jeu de Livres Échantillons.
- L’autrice dispose d’un chargé de clientèle dédié chez Books Factory et échange avec lui principalement via Instagram.
Pourquoi une autrice indépendante a-t-elle besoin d’un imprimeur qui pense business ?
Luna Mason ne travaille pas avec une maison d’édition. Elle décide elle-même de ce qu’elle publie et le vend elle-même : en librairie, en ligne et sur Instagram, où environ 68 000 personnes la suivent. Son entreprise est basée au Royaume-Uni, et elle partage son temps entre le Royaume-Uni et les États-Unis.
Dès le départ, Cyril Goy a vu en elle avant tout une femme d’affaires :
Beaucoup d’auteurs ne s’intéressent pas au côté business de l’édition — ils se comportent plutôt en artistes. Elle sait exactement ce qu’elle fait, et elle le fait très bien. — Cyril Goy
La différence se voit dans son rythme. Beaucoup d’auteurs repoussent leurs décisions : encore une correction au chapitre trois, encore un mois pour trouver le budget, vendre d’abord et réimprimer ensuite. Le projet traîne alors pendant des mois. Luna a de nombreux titres à publier, elle travaille donc à un rythme que Cyril résume en quatre mots : produire, vendre, produire, vendre. Ce rythme exige un imprimeur qui répond vite et qui pense un tirage en termes de ventes, pas seulement de production.
Bien sûr, on est artiste, on est écrivain. Mais à un moment donné, si on veut en vivre, il faut commencer à penser business. — Cyril Goy
Avant de rejoindre Books Factory, l’autrice imprimait chez plusieurs imprimeurs. Elle n’en était pas franchement mécontente, mais des problèmes survenaient, et sa solution précédente était simplement la moins mauvaise disponible. Le plus difficile était de trouver un imprimeur capable de réaliser des finitions avancées sur de petits tirages, comme des tranches dorées ou plusieurs marquages aspect métal sur une même couverture.
Comment démarrer sans risque avec un nouvel imprimeur ?
Changer d’imprimeur est un risque, surtout quand vos lecteurs vous jugent sur la qualité du livre. Luna Mason a limité ce risque en trois étapes.
Elle a vérifié la qualité sur son propre livre. Books Factory lui a préparé un exemplaire d’épreuve gratuit et sans engagement. Elle a pu évaluer l’impression, la reliure et les finitions avant de s’engager sur un tirage. Un exemplaire d’épreuve montre ce qu’un PDF ne peut pas montrer : le rendu des couleurs sur le papier, la façon dont le livre s’ouvre et l’effet de la finition à la lumière.

Elle a découvert ce qui était possible. Avec l’exemplaire d’épreuve, elle a reçu des Livres Échantillons, un ensemble de livres de référence présentant différentes reliures, papiers et finitions. Certaines de ses idées d’éditions collector en sont directement issues.
Elle a progressé étape par étape. Après l’exemplaire d’épreuve est venue une petite commande, puis une plus grande. Sa première commande complète comptait un peu moins de 1 000 exemplaires.
Quand on ne connaît pas l’imprimeur, on commence par une petite commande. Quand on voit que l’imprimeur est là pour nous et cherche toujours une bonne solution, on prend confiance. — Cyril Goy
Le contact s’est révélé tout aussi important. L’autrice avait échangé avec Books Factory sur des salons du livre et par e-mail, mais c’est sur Instagram que la relation s’est construite. Elle peut y écrire à son chargé de clientèle à tout moment, même pour une petite question qui resterait sinon des jours dans une boîte mail. Pour une autrice qui dirige une entreprise, ce qui compte, c’est d’avoir en face une vraie personne qui connaît son projet.
Si je dois vérifier quelque chose, je ne répondrai pas en une seconde — mais dans l’heure, oui. Pour une autrice qui gère une entreprise, avoir l’information à temps, c’est ce qui compte le plus. — Cyril Goy
Combien d’exemplaires faut-il imprimer ?
Beaucoup d’auteurs et d’éditeurs impriment un seul titre en un grand tirage, par exemple 2 000 exemplaires, parce que c’est là que le prix unitaire paraît le plus avantageux. Cyril propose de regarder au-delà du prix unitaire et de se demander quand le tirage commencera réellement à rapporter :
Quand allez-vous vendre le dernier de ces 2 000 exemplaires ? Dans un an ? Combien vous coûte le stockage en attendant ? Quand commencez-vous à gagner de l’argent ? Dans un an, un an et demi — peut-être jamais. — Cyril Goy
Le même budget peut être réparti autrement. Au lieu d’un seul titre en grand tirage, on peut imprimer plusieurs titres à 200–500 exemplaires chacun. Chaque exemplaire coûte un peu plus cher, mais la décision dans son ensemble change complètement :
| Un titre, grand tirage | Plusieurs titres, tirages plus courts | |
| Prix unitaire | plus bas | légèrement plus élevé |
| Délai d’écoulement du tirage (selon l’expérience de Cyril) | un an ou plus | quelques mois |
| Stockage | un coût pendant toute la période de vente | minime |
| Offre pour les lecteurs | un seul titre | plusieurs titres qui se vendent les uns les autres |
| Retour sur investissement | différé | plus rapide |
Plus de titres, c’est aussi plus de chances de ventes suivantes : un lecteur qui a aimé le premier livre se tournera vers le suivant. Et si quelqu’un demande un titre épuisé, la vente est tout simplement perdue.
C’est ainsi que travaille Luna Mason. Elle a commencé par imprimer « Untamed ». Sa commande suivante a ajouté le nouveau tome, « Unleashed », avec une réimpression d’« Untamed ». Ensuite, elle a imprimé trois titres à la fois, dont le troisième tome, « Unchained ». Elle imprime le plus d’exemplaires du titre le plus récent, car c’est là que la demande est la plus forte, mais c’est justement ce nouveau titre qui relance l’intérêt pour les tomes précédents.
C’est comme « Game of Thrones ». Si vous ne regardez que le dernier épisode de la saison deux, vous retournerez peut-être à la saison un. La librairie vend le tome un, puis le tome deux, et elle a de nouveau besoin du tome un. Ça tourne en boucle. — Cyril Goy
Viennent ensuite les éditions. Un même contenu peut prendre plusieurs formes : l’édition standard, une réimpression, une édition événementielle, une édition dédicace et un omnibus. Trois titres peuvent ainsi devenir huit à dix produits pour différents publics.
Pour quelles éditions investir dans des finitions premium ?
La règle de Cyril est simple : les finitions premium ont le plus de sens là où les lecteurs achètent un livre non seulement pour le lire, mais pour le posséder. Une édition collector se vend en moins d’exemplaires que l’édition standard, et c’est précisément pour cela qu’il vaut la peine d’y concentrer le budget sur la finition.
L’omnibus. L’un des premiers projets de l’autrice chez Books Factory était « Inferno & Ignite Omnibus », plusieurs titres réunis en un seul volume. Elle avait prévu quelque chose de plus classique : un jaspage CMJN, peut-être une reliure rigide. En voyant quelles finitions pouvaient être combinées, elle a opté pour des tranches dorées, deux marquages aspect métal sur la couverture et des pages de garde imprimées recto/verso. Le bloc intérieur compte 924 pages imprimées en économique mono : l’effet collector vient donc de la reliure, pas de l’intérieur. Tirage : 380 exemplaires.

L’édition événementielle. « Chaos – Vegas Edition » a été créée pour une rencontre d’auteurs à Las Vegas : une nouvelle couverture sur le thème des casinos, un jaspage et un marquage aspect métal rouge. Tirage : 300 exemplaires. Le temps était compté, mais le fichier était déjà finalisé, et le projet a pu passer directement en production.
J’ai dit à la production : c’est une très bonne autrice, le fichier est prêt, on peut y aller tout de suite. Et on y est arrivés. Elle était très contente, et moi aussi. — Cyril Goy
L’édition dédicace. « Inferno Signing Edition », ce sont 75 exemplaires en reliure rigide avec jaspage, marquage aspect métal doré sur la couverture et une jaquette avec marquage aspect métal argenté.
Les trois éditions ont été produites dans une seule commande. Elles montrent qu’une édition collector avec jaspage et marquage aspect métal ne nécessite pas un tirage de plusieurs milliers d’exemplaires — quelques dizaines suffisent.
Comment vendre ses livres en librairie dans d’autres pays ?
Un auteur qui construit son lectorat sur les réseaux sociaux se heurte vite au même problème : la demande vient de plusieurs pays, et les livres doivent physiquement arriver dans de nombreuses librairies en même temps. Cela vaut pour une autrice britannique qui vend aux États-Unis comme pour un auteur basé en France qui veut être présent dans les librairies en Suisse ou au Canada. Les librairies ne commandent pas mille exemplaires. Elles en commandent une douzaine ou quelques dizaines.
Luna Mason a elle-même décrit ce défi en remerciant les librairies après l’entrée d’« Unleashed » dans la liste USA Today :
Tout d’abord aux formidables librairies qui ont travaillé avec moi pour que mes cow-boys ne manquent jamais en rayon, ce qui, vivant au Royaume-Uni, a été un vrai défi logistique, MAIS NOUS Y SOMMES ARRIVÉS. — Luna Mason, Instagram (traduit de l’anglais)
Books Factory résout ce problème grâce à l’expédition multi-adresses. Une seule commande est répartie et envoyée à de nombreuses adresses dans différents pays, directement aux librairies. La dernière commande de l’autrice, environ 2 000 exemplaires, a été livrée à 37 adresses. Son chargé de clientèle coordonne la répartition et l’expédition du tirage, et Books Factory s’occupe des formalités douanières. L’autrice n’a besoin ni de son propre entrepôt ni d’intermédiaire, et les procédures douanières cessent d’être son problème.
Ça change complètement la donne. Nous pouvons expédier les livres aux librairies directement d’ici. — Cyril Goy
Le second élément, c’est la rapidité de réponse. L’autrice se rend souvent aux États-Unis pour des séances de dédicace, et c’est là que les opportunités se présentent — une invitation à un salon du livre à New York dans quelques semaines, par exemple. Il lui faut alors quelqu’un qui puisse lui dire le jour même, ou au plus tard le lendemain matin, s’il est réaliste d’imprimer des livres pour cet événement. Quand on travaille entre plusieurs fuseaux horaires, un chargé de clientèle dédié réduit tout cela à un seul message.
Que peut-on attendre d’un imprimeur partenaire ?
Cyril le dit clairement : il n’est pas seulement commercial dans une imprimerie, il est un partenaire. Concrètement, cela signifie trois choses.
Un devis qui cherche des économies. Lorsqu’un client demande un prix, Cyril prépare non seulement le devis standard, mais aussi une version avec des suggestions. Elle montre comment une modification du format de quelques millimètres, un papier équivalent ou un tirage ajusté influenceraient le coût de l’ensemble du projet. C’est un savoir issu d’années de production que les auteurs ont rarement, et il peut réellement changer l’équation.
De la responsabilité quand quelque chose tourne mal. Un dommage pendant le transport ou une couverture abîmée, cela peut arriver. Ce qui compte, c’est qui prend les choses en main à ce moment-là.
Je ne laisserai pas mes clients sur le bord de la route. Je ne rejetterai pas la faute sur le transporteur. Nous jouons dans la même équipe. — Cyril Goy
Une vision à l’échelle de tout le catalogue. L’objectif n’est pas une impression ponctuelle, mais une collaboration sur les nouveaux titres, les réimpressions et les éditions.
L’objectif n’est pas d’imprimer une seule fois avec quelqu’un. Nous voulons imprimer tout son catalogue et construire une relation sur le long terme. — Cyril Goy
C’est pourquoi ce qui lui apporte le plus de satisfaction, c’est de voir comment Luna Mason a grandi avec Books Factory. Il compare cela au métier d’entraîneur : ce n’est pas l’entraîneur qui gagne le match, mais ses conseils se voient dans les résultats des joueurs.
Son conseil aux auteurs et éditeurs qui préparent un projet est simple : parler avant de commander quoi que ce soit. De l’objectif, du public cible, du contenu et de l’aspect que doit avoir le livre.
Nous ne sommes pas éditeurs, nous sommes imprimeurs. Mais nous voyons ce que nous imprimons, et nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. — Cyril Goy
Vous préparez une série ou une édition collector ? Commandez vos Livres Échantillons gratuits et parlez à un chargé de clientèle de la planification de vos tirages, de vos finitions et de vos expéditions.

FAQ
Un auteur indépendant peut-il imprimer ses livres en Europe et les vendre en librairie dans d’autres pays ?
Oui. Books Factory imprime les livres en Pologne et répartit une seule commande sur de nombreuses adresses de livraison dans différents pays, directement vers les librairies, formalités douanières comprises. C’est ainsi que Luna Mason approvisionne des librairies aux États-Unis et ailleurs ; sa dernière commande a été livrée à 37 adresses.
Une édition collector avec jaspage nécessite-t-elle un grand tirage ?
Non. Dans le cas de Luna Mason, la plus petite édition avec jaspage et marquage aspect métal comptait 75 exemplaires. Pour savoir quelles combinaisons de finitions conviennent à un tirage donné, le mieux est d’en parler avec un chargé de clientèle.
Vaut-il mieux imprimer un grand tirage ou plusieurs petits ?
Tout dépend de la vitesse à laquelle vous vendez. Un grand tirage offre un prix unitaire plus bas, mais immobilise de l’argent et génère des coûts de stockage. Plusieurs titres en tirages plus courts avec des réimpressions régulières permettent de récupérer plus vite votre investissement et offrent plus de choix aux lecteurs.
Comment vérifier la qualité d’impression avant de commander un tirage ?
Books Factory prépare un exemplaire d’épreuve gratuit et sans engagement de votre livre. Vous pouvez aussi commander gratuitement des Livres Échantillons, un ensemble de livres de référence présentant différentes reliures, papiers et finitions.
Sources :
- Entretien avec Cyril Goy, chargé de clientèle de l’autrice chez Books Factory, 1er octobre 2026.
- Données de commandes issues du système Books Factory : première commande du 5 septembre 2025 (spécifications des éditions, tirages) et commande la plus récente (nombre d’exemplaires et d’adresses).
- Publication Instagram de Luna Mason (@authorlunamason), septembre 2026 : « Unleashed » sur la liste des best-sellers USA Today, citation sur la logistique.